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 En plus de mon travail à la cordonnerie, j'étais musicien avec un groupe et nous étions souvent demandés pour aller faire de la musique à plusieurs endroits, autres que dans les Églises. Mon père était tellement bon pour moi que j'aurais voulu lui être utile et agréable, mais je n'y pouvais pas à cause des soirées qui se terminaient aux petites heures du matin. Il arriva souvent que j'avais le coeur gonflé quand je me levais à dix heures le matin et que mon pauvre père travaillait depuis au moins sept heures. C'est comme ça que je suis devenu esclave de mes passions et que je n'avais plus aucun contrôle sur moi-même. À l'âge de 20 ans environ, on m'a conseillé d'aller en retraite fermée car je désirais profondément m'améliorer et devenir un bon garçon. J'éprouvais de plus en plus le besoin d'apaiser ma conscience, parce que tous mes amis s'étaient mariés et la solitude me faisait très peur.

Chaque année, j'allais au Cap-de-la-Madeleine pour faire ma retraite fermée et, chaque fois, je faisais une confession générale de tous les péchés que j'avais commis envers Dieu, car on m'avait appris que le prêtre était le représentant de Dieu sur la terre et que c'est lui qui devait me pardonner mes péchés. Sur la fin des trois jours passés avec les prêtres, j'écrivais mes résolutions prises devant la statue de la vierge Marie, et on allait dans le petit sanctuaire devant une très grande statue de Marie, et là les mains en croix nous priions à haute voix demandant à la vierge de nous aider à tenir nos résolutions. Je dois dire que le temps le plus long que j'ai pu résister ne dépassait pas 15 jours. Après cela, je vivais encore dans la crainte de l'enfer, parce que j'avais appris qu'un seul péché m'envoyait en enfer ; donc, même si j'avais cent péchés ce n'était pas pire qu'un seul, j'allais tout simplement en enfer. À l'âge de 24 ans je me suis marié, et je croyais bien qu'une fois marié je serais l'homme que je désirais être. Mais à peine deux mois plus tard, j'étais encore la même feuille au vent de mes passions, et le plus triste c'était de faire de la peine à tous ceux qui m'aimaient. Je priais beaucoup sans avoir jamais de réponses, mais le Dieu que je priais était toujours la vierge Marie. Quand je suis arrivé à l'âge de 30 ans j’avais perdu tout espoir d'être sauvé. J'avais beaucoup prié et fait des efforts pour devenir un homme sobre et fidèle, mais en vain.

C'est alors que j'ai quitté toute pratique religieuse. Je m'efforçais de me convaincre qu'après la mort tout était fini et c'était impossible que le bon Dieu m'envoie dans l'enfer pour l'éternité. Mais plus j'y pensais plus j'avais peur au point que si une connaissance mourait soit subitement ou par accident, je vivais des nuits sans sommeil. Plus je faisais d’efforts pour être bon, plus je m'efforçais de devenir meilleur, pire j'étais. J'ai vécu 4 ans comme cela sans aucune pratique religieuse et j'étais bien malheureux, car la seule espérance que j'avais, c’était la religion catholique romaine. Après avoir fait tous les efforts possibles pour vivre sans péchés, j'ai vu que même si je pratiquais encore la religion, je serais perdu quand même. Je crois que c'est à ce moment-là que Dieu a eu pitié de moi. Un jour, j'ai reçu, dans ma boîte aux lettres, un traité évangélique qui disait qu'on pouvait être sûr d'être sauvé avant de mourir. Je me suis bien moqué de cela, car à mon avis c'était vraiment impossible de le savoir et, pensant que c'était le groupe des témoins de Jéhovah, j'ai dit à ma femme : « Qu’est-ce que ces gens n'inventeraient pas pour nous avoir avec eux ? ».

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